A travail égal, salaire égal !
Les inégalités salariales perdurent plus de 50 ans après l’adoption des premières lois visant pourtant à les faire disparaître. Quel que soit le métier, les hommes touchent en moyenne 28 % de salaire en plus ! Nous sommes 4 fois plus souvent à temps partiel que les hommes. Et pour la majorité d’entre nous, il s’agit d’un temps partiel imposé. Et toutes ces inégalités qui viennent jalonner nos carrières et nos vies viennent impacter notre retraite.
La France a jusqu’au 7 juin 2026 pour transposer la directive européenne sur la transparence salariale. Celle-ci doit renforcer l’application du principe « à travail de valeur égale, salaire égal » par des mécanismes de contrôle et de sanction. Les entreprises doivent être contraintes de prouver qu’à travail de valeur égale, les salaires sont égaux. Nous exigeons une application ambitieuse de cette directive pour enfin obtenir : l’égalité réelle des rémunérations et des carrières, la revalorisation des métiers à prédominance féminine, la révision en profondeur de l’index égalité professionnelle (qui doit cesser de masquer la réalité).
En grève un dimanche ?
Le dimanche est un jour de repos ? Pas pour les femmes ! 21 % d’entre elles sont au poste ce jour-là, assurant la continuité du soin, du nettoyage, du commerce ou de la culture.
Certes, travailler le dimanche est éprouvant pour tout le monde, hommes comme femmes. Mais l’égalité s’arrête à la fiche de paie. Dans les secteurs masculins (industrie, sécurité, transports), la pénibilité et le travail dominical sont rémunérateurs. Dans les métiers féminisés, c’est la double peine : des conditions difficiles pour des primes dérisoires.
L’écart est brutal au sein même de la santé : là où une infirmière ou une aide-soignante touchera 60 € bruts d’indemnité pour ses 8 heures de travail effectif, un chirurgien d’astreinte percevra, lui, plus de 250 € pour une demi-journée... passée chez lui.
Et quand le travail salarié s’arrête, le travail gratuit commence. Ménage, cuisine, devoirs, soins aux proches : pour la majorité des femmes, le dimanche est une deuxième journée de travail. Le monde ne peut pas tourner sans nous. Alors le 8 mars, pour visibiliser l’invisible, faisons la grève, en arrêtant le travail salarié ou gratuit, en manifestant partout !
Le 8 mars, nous serons le feu !
Le ciel s’assombrit, l’horizon est lourd. Le patriarcat cogne, l’impérialisme broie, mais nous ne baisserons ni les yeux ni les bras.
Ce 8 mars nous nous mobilisons aussi pour nos sœurs du monde entier, de Palestine, du Yémen, du Soudan, du Mali, des États-Unis. Nous crierons pour nos sœurs d’Ukraine, d’Amérique latine, d’Asie et d’Iran. Si l’attaque est mondiale, la riposte est géante, partout où l’on nous brise la lutte est vivante !
Partout, c’est l’incendie MeToo qui brûle le silence en faisant de nos récits une arme. La honte change de camp, l’impunité est finie. Le « sales connes » que le pouvoir nous crache au visage, nous le portons en étendard !
Le 8 mars n’est pas une fête, c’est une journée de lutte !
Face aux attaques réactionnaires, aux politiques d’austérité, au patriarcat et à l’extrême droite qui montent partout, nous revendiquons :
– L’égalité salariale réelle
– La revalorisation des métiers féminisés
– Des mesures concrètes contre les violences sexistes et sexuelles, avec les moyens pour les mettre en œuvre
– La garantie et accessibilité des droits reproductifs
Le 8 mars nous serons en grève du travail rémunéré, pour dire qu’on ne veut plus être sous-payées, exploitées, précarisées.
Nous serons en grève de la consommation, pour dire que nous voulons en finir avec le système capitaliste et patriarcal.
Nous serons en grève du travail domestique et parental, pour dire que nous voulons une société égalitaire !




