La Brève de rentrée : Septembre 2021

mardi 31 août 2021

Une deuxième rentrée sous Covid et donc sous tension mais également dans l’impréparation, devenue maladive au Ministère qui préfère toujours communiquer dans les média mainstream des informations parfois contradictoires, voire éliminatoires… Le répertoire presque classique d’un Jean-Michel Blanquer auquel une grande majorité d’enseignant.es souhaiterait pouvoir dire « au revoir ». En attendant, on rage, on désespère toujours un peu plus, comme à la lecture de cette campagne d’affichage afin de promouvoir la laïcité dans nos cités scolaires : était-elle vraiment nécessaire ?

Rentrée 21 et salaire des enseignant.es : le compte n’est toujours pas bon.
Les annonces de revalorisation faites par le Ministère à l’issue du fameux Grenelle de l’Éducation ne sont que pures illusions. En 2021, le MEN dispose d’une enveloppe de 400 M d’euros pour revaloriser ses personnels. En même temps, le même ministère rend à Bercy une enveloppe de 200 M d’euros : cette somme n’aurait pas été dépensée ? Une pratique qui va sûrement permettre aux enseignant.es français.es de rattraper les salaires de leurs collègues des pays de l’OCDE comme le souhaite J.-M. Blanquer ! En fait, le processus de baisse de rémunération des enseignant.es depuis les années 1980 s’explique par un déficit permanent de 500 M d’euros au sein du budget de l’Éducation nationale, somme correspondant au rythme annuel de l’inflation. Alors, lorsque au MEN on annonce une enveloppe exceptionnelle de 400 M d’euros, le compte est loin d’être bon.
Certes, une nouvelle prime vient d’être créée pour certains personnels de l’enseignement. Il s’agit de la prime d’attractivité, aussi appelée « prime Grenelle », son montant est modulable en fonction de l’ancienneté. Autant dire qu’en bout de course, certain.es ne toucheront rien. En résumé : des miettes pour certain.es et rien pour la majorité. De plus, le décret écarte du versement de la prime les personnels les moins bien rémunérés de l’Éducation nationale, comme les AESH (très majoritairement des femmes).

Au SUNDEP, nous dénonçons le gel du point d’indice, et revendiquons une augmentation des salaires.

Covid 19 : une lame de fond pour l’éducation ?
« L’Éducation en temps de Covid-19 et après », note de synthèse publiée récemment par les Nations Unies, exhorte les États à tout faire pour éviter que la crise éducative ne dégénère en catastrophe pour toute une génération. Ainsi tous les acteurs concernés doivent agir ensemble au plus vite. L’éducation n’est pas seulement un droit humain fondamental, c’est aussi un droit dont la réalisation influe directement sur l’exercice de tous les autres droits.

Alors, un an après, où en est-on, qu’a-t-on appris de cette crise inédite en France ?
Cette forme d’auto-organisation constitue bel et bien une véritable lame de fond dans le secteur de l’Éducation, lame de fond constituée par l’ingérence de l’entreprise académique caractérisée par un nombre grandissant d’acteurs et de système éducatifs en ligne, existant avant la crise et désormais propulsés sous les feux de l’arène éducative et médiatique. Une injonction de performance en la matière est dictée aux enseignant.es : ils/elles doivent s’adapter et rapidement à ces changements : qui aurait pu définir la notion « hybridation de l’Enseignement » il y a deux années de cela ?
Bientôt, peut-être même dès demain, ne se posera plus la question de la double peine du présentiel et distanciel enseignés au sein d’une même classe : ce sera une obligation morale à laquelle les professeur.es ne pourront se soustraire, particulièrement dans l’enseignement privé.
Au SUNDEP Solidaires, nous restons attentifs et attentives aux évolutions induites par les mises en place la majorité du temps sans concertations, effectuées sous le couvert d’une urgence sanitaire.
L’école est la seule institution qui nous fait tenir tous ensemble à des âges différents. C’est un bien commun essentiel à l’équilibre des enfants, des jeunes et de la famille. C’est un bien essentiel pour toute la société.

Un « pass » qui ne passe pas…
La loi sur le pass sanitaire a été adoptée cet été. Elle valide une approche autoritaire, qui sanctionne, plutôt qu’une approche incitative de la vaccination.
Pour Solidaires, la vaccination est l’instrument principal de la lutte contre cette pandémie. Cependant notre organisation refuse ce pass sanitaire qui conditionne notre vie sociale.
Il faut inciter, informer, aller au contact direct de la population et bien sûr renforcer les moyens du secteur de la santé. C’est collectivement que nous devons agir et avancer.
Dans l’Éducation nationale, une très grande majorité des enseignant.es est d’ores et déjà vaccinée alors même qu’aucun.e d’entre eux/elles n’était prioritaire lors de la campagne de vaccination !
Dans ce contexte délétère, le SUNDEP solidaires, à l’instar de l’Union syndicale Solidaires, loin des motivations complotistes et de celles de l’extrême droite, appelle le plus grand nombre à participer aux mobilisations qui refusent le pass sanitaire, mais surtout à celles à venir contre la dégradation des droits sociaux et des contre-réformes sur l’assurance chômage et les retraites.

Un « pass » qui passe…
Il s’agit du Pass Éducation qu’il ne faudra pas oublier de renouveler dans le courant de l’année scolaire.
Pour rappel, il s’agit d’une carte qui permet d’entrer gratuitement dans les musées et monuments nationaux, en France mais aussi dans l’UE.
Ce Pass est distribué aux personnels de l’enseignement privé sous contrat agent.es de droit public, à savoir les enseignant.es titulaires et non titulaires (CDI, CDD) mais aussi les AESH présent.es dans nos établissements.

Une seule….
C’est le nombre de journées de pré-rentrée auquel vous devez assister. Le doublement de cette journée ne compte pas parmi les symptômes de la Covid .

« Vous n’avez pas honte, M. Blanquer » ?
Le ministre de l’Éducation nationale s’est attiré les railleries des médaillé.es olympiques cet été à l’issue de ses propos concernant la qualité de l’enseignement du sport collectif à l’école. Derrière la blague largement reprise dans les réseaux sociaux, c’est plutôt le manque de moyens qui a été montré du doigt par de nombreuses et nombreux professeur.es d’EPS, peu épargné.es sous le signe de la pandémie où ils/elles se sont vu imposer des conditions de travail désastreuses.
Blanquer se contente d’images d’Épinal bien loin des réalités des terrains de sports dans nos établissements.
On peut d’ailleurs s’interroger sur les prochains jeux en 2024, en France : quels seront les moyens réellement attribués au sport au sein de nos établissements scolaires pour produire les champion.nes de demain ?


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