Les retraites : qu’en restera-t-il pour les jeunes ? Signez la pétition intersyndicale !

jeudi 29 avril 2010

Les jeunes se sentent généralement peu concernés par la question des retraites, ils seront pourtant parmi les plus touchés par la contre-réforme que prépare le gouvernement.

Quel que soit leur âge, ce sont tous les travailleurs, en situation d’emploi, de chômage, de retraite ou de formation, qui doivent se mobiliser pour la défense de leurs retraites.

Justement, une pétition (intersyndicale, dont des syndicats lycéens,et d’étudiants, mais aussi réunissant des partis politiques) vient d’être lancée, à laquelle bien sûr le SUNDEP-SOLIDAIRES s’associe.

Signez-là en masse, jeunes comme vieux, car il en va du maintien d’une RETRAITE SOLIDAIRE !

 TRACT SOLIDAIRES

Allongement de la durée de cotisation, une triple peine pour la jeunesse !

À entendre les déclarations gouvernementales, qui excluent notamment toute hausse des cotisations pour financer les retraites, c’est bien un allongement de la durée de cotisation ainsi qu’un recul de l’âge légal de départ qui semblent se profiler.

De telles mesures, en plus d’être inefficaces, seraient particulièrement injustes pour les jeunes :
- D’abord, l’allongement de la durée du travail viendrait se cumuler avec celui des études, retardant d’autant plus l’âge de départ à la retraite. Le fait que les études durent plus longtemps est un progrès qui profite à l’ensemble de la société du point de vue économique, social et culturel, cela permet notamment des gains de productivité qui peuvent contribuer au financement des retraites. Ceux qui suivent des études ne doivent pas en être pénalisés au moment de partir à la retraite !

- C’est ensuite l’emploi des jeunes, dont la situation est déjà alarmante (le taux de chômage des jeunes est de 24 % et 23 % des jeunes salariés sont à temps partiel), qui pâtirait de l’allongement de la durée de cotisation : les salariés plus âgés étant contraints de travailler plus longtemps, les postes qu’ils occupent se libéreraient moins rapidement, réduisant encore les perspectives des générations suivantes.

- Enfin, avec une durée de cotisation allongée et une entrée plus tardive dans le monde du travail, les jeunes d’aujourd’hui n’auront, pour la plupart, pas cotisé suffisamment pour avoir droit à une retraite à taux plein et devront finir leur vie avec des pensions de misère !

Jusqu’où cela ira-t-il ?

Depuis 1993, les réformes des retraites se succèdent avec, à chaque fois, le même discours alarmiste, chiffres fantaisistes à l’appui, sur les menaces que l’évolution démographique ferait peser sur le système de retraite par répartition. Et à chaque fois, les gouvernements successifs prétendent que leur réforme est la bonne, celle qui sauvera définitivement le système… jusqu’à la prochaine fois !

Alors que les solutions existent pour financer le maintien et le progrès du droit à une retraite décente pour tous, le gouvernement, à l’instar des précédentes contre-réformes, n’envisage qu’une seule direction : celle de l’allongement de la durée de cotisation, dont le seul effet réel est la baisse des pensions, et du recul de l’âge de départ à la retraite.

À ce rythme, à quel âge les jeunes d’aujourd’hui auront-ils le droit de partir à la retraite ? 67, 70, 75 ans ? Et avec quel niveau de pension ? Bien que l’on vive de plus en plus longtemps, à 60 ans l’espérance de vie sans incapacité majeure n’est que d’une dizaine d’années, soit la moitié de l’espérance de vie totale ; et ce n’est certainement pas le maintien des salariés au travail de plus en plus longtemps, le blocage des salaires ou la généralisation de la précarité et de la dégradation des conditions de travail, qui permettront de faire augmenter ce chiffre.

Il est donc grand temps de mettre un coup d’arrêt aux politiques de démantèlement de nos retraites, la jeunesse est directement concernée, elle doit prendre toute sa part à la lutte qui s’annonce pour la défense du droit à une retraite décente !

D’autres réponses sont possibles !

Le 8e rapport du Conseil d’Orientation des Retraites (COR) a été publié le 14 avril. Il évalue le besoin de financement du système de retraite, selon les scénarios, entre 1,7 et 3,0 points de PIB en 2050, ce qui correspondrait à une augmentation des cotisations comprise entre 9,8 et 10,4 % sur 40 ans.

À titre de comparaison, les dividendes versés aux actionnaires correspondaient en 2007 à 8,5 points de PIB et en 2008 les exonérations de cotisations sociales représentaient 30,7 milliards d’euros soit 1,6 % du PIB ; la part des salaires dans le PIB a baissé de près de 9 points en 20 ans.

Le financement des retraites est donc loin d’être un problème insoluble : il suffit d’aller prendre l’argent là où il se trouve !

Un autre moyen d’améliorer le financement des retraites est la lutte contre le chômage. En effet, une baisse du chômage contribuerait doublement au financement des retraites, non seulement en réduisant la part des cotisations sociales affectée à l’indemnisation du chômage, mais aussi en augmentant le nombre de salariés, et donc les recettes de ces mêmes cotisations.

Au lieu de cela, le gouvernement reste figé dans son refus de toute augmentation des cotisations et organise une concertation sur l’emploi des seniors. Il reconnait ainsi lui-même que l’allongement de la durée légale de cotisation ne se traduit pas automatiquement par un allongement de la durée réelle du travail et ne permet donc pas de dégager des recettes supplémentaires suffisantes pour financer les retraites.

De là à avouer qu’une telle réforme n’aurait pour but que de faire baisser le niveau des pensions, il n’y a qu’un pas !

Le projet de société que défend ainsi le gouvernement consiste donc à maintenir les salariés les plus âgés au travail ou, bien souvent, au chômage et dans un même temps à interdire aux jeunes l’accès à un emploi stable, les enfermant de plus en plus longtemps dans la précarité.

Tout le contraire du principe de solidarité entre les générations qui est à la base du système de retraite par répartition !

Les propositions de Solidaires

- Droit de partir à 60 ans avec une retraite complète, à 55 ans pour les travaux pénibles et les régimes spéciaux ;
- 37,5 annuités de cotisations pour avoir une retraite à taux plein ;
- validation (sans rachat) des périodes de chômage, d’étude et de stage dès l’âge de 18 ans ;
- pas de retraite à taux plein inférieure au SMIC ;
- suppression de la décote et indexation des pensions sur les salaires ;
- création d’un revenu socialisé d’étude d’un montant au moins égal au SMIC pour tous les jeunes en formation ;
- une véritable politique en faveur de l’emploi des jeunes en particulier ;
- création massive d’emplois publics dans les secteurs socialement utiles ;
- interdiction des licenciements dans les entreprises qui dégagent des bénéfices.

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Tract Solidaires Retraite et Jeunes

 APPEL INTERSYNDICAL ET DE PLUSIEURS PARTIS POLITIQUES

Le gouvernement s’est engagé dans une nouvelle réforme à marche forcée du système de retraites. « Je veux dire aux jeunes de 20 ans que c’est justement pour eux que nous faisons cette réforme », affirme le ministre du travail Eric Woerth. Nous ne sommes pas dupes de cette hypocrisie. Une nouvelle fois, ce qui est mis en place au nom des jeunes se fait sans eux, et surtout contre eux.

En limitant le débat à l’acceptation pure et simple d’un nouvel allongement de la durée de cotisation, le gouvernement adresse aux jeunes un message implicite, mais clair : la retraite ce n’est plus pour vous ! Jeunes en insertion, salariés ou étudiants, c’est sur nous que reposera le financement du système de retraite dans les années à venir, et c’est nous qui subirons toute modification du système actuel. Nous refusons d’être les grands oubliés d’un débat qui nous concerne !

Jeunes, nous sommes attachés au droit à une retraite à 60 ans financée par répartition

Attachés à la solidarité entre les générations, nous souhaitons financer un système de retraite par répartition de haut niveau qui garantisse un niveau de pension permettant de vivre pleinement le temps de la retraite. Nous refusons que la retraite par répartition devienne un « filet de sécurité » a minima, insuffisant pour vivre. Nous refusons la logique d’une retraite basée sur la capitalisation individuelle, inefficace économiquement et inégalitaire socialement. Nous dénonçons la double peine que nous imposerait un nouvel allongement de la durée de cotisation ou un recul de l’âge légal de départ en retraite : nous finançons les pensions d’aujourd’hui, nous refusons d’avoir à épargner en plus pour nos vieux jours dans des fonds de pension qui peuvent être ruinés du jour au lendemain !

Un débat de société escamoté par une nouvelle opération comptable

Parce que la nature du système de retraite qui se met en place contribue à façonner la société de demain, nous refusons la volonté du gouvernement de réduire ce débat à une simple équation comptable. En se limitant à jouer sur la durée de cotisation, le gouvernement s’attaque directement à la solidarité sans aborder les véritables enjeux du système : garantie d’un taux de remplacement, pénibilité, allongement de la durée d’étude et d’insertion, chômage, inégalités hommes – femmes (Aujourd’hui le temps partiel subi, la précarité de l’emploi impactent fortement la retraite des femmes.), répartition du temps de travail et des richesses.

En instrumentalisant les analyses du COR (conseil d’orientation des retraites) pour imposer l’allongement de la durée de cotisation comme seule perspective, le gouvernement élude la question centrale de la répartition des richesses. Depuis 20 ans, la part de la richesse produite attribuée aux salaires ne cesse de diminuer au profit du capital.

Alors que notre pays n’a jamais été aussi riche, nous n’acceptons pas qu’il soit demandé à la jeunesse de travailler plus longtemps pour toucher une retraite moins importante, conduisant ainsi notre génération à vivre des conditions de retraites moins bonnes que celles de nos parents ! Il n’est pas acceptable que l’allongement de la durée de la vie soit synonyme de régression sociale.

Allonger la durée de cotisation ? Pour nous, c’est non !

Cela priverait les jeunes du droit à une retraite à 60 ans à taux plein. Pourquoi cet acharnement à reculer l’âge de départ en retraite quand le chômage des jeunes explose ? L’augmentation des besoins de financement est une chance qu’il faut saisir. Nous refusons que le catastrophisme ambiant serve d’argument pour esquiver une nouvelle fois le débat sur la nécessaire augmentation des financements solidaires des retraites par répartition : taxation des stocks options et des revenus financiers, suppression du bouclier fiscal, élargissement de l’assiette des cotisations, suppression d’exonérations de cotisations. Si de nouvelles ressources doivent être immédiatement mobilisées, une véritable politique de l’emploi et de revalorisation salariale destinée à lutter contre le chômage et la précarité est également indispensable pour apporter les recettes nécessaires à la pérennité de notre système de retraite solidaire.

Le système de retraites doit prendre en compte l’évolution de la société !

Nous réclamons des réformes qui garantissent nos droits sociaux, et nous souhaitons faire évoluer le système pour mieux prendre en compte l’évolution de la société et pérenniser le système par répartition.

L’allongement de la durée des études et le recul de l’âge moyen d’entrée dans un emploi stable (27 ans) conduisent les jeunes à commencer à cotiser plus tard que par le passé. Nous exigeons :
- la validation des années d’études et de formation dans le calcul des annuités ouvrant droit à la retraite, afin d’offrir à chaque jeune la garantie de pouvoir étudier sans être inquiété par son avenir, même lointain ;
- la validation des périodes de stages, intégrée dans une véritable règlementation contraignante (rémunération à 50% du SMIC dès le premier mois, reconnaissance et encadrement dans la formation) ;
- la validation des périodes d’inactivité forcée, et la prise en compte la situation des jeunes en situation d’insertion professionnelle pour qui l’enchaînement de stages, de CDD, d’emplois à temps partiel, de périodes d’intérim ou de chômage conduisent à accumuler des droits à retraite très incomplets ;

En ignorant plus longtemps ces évolutions qui caractérisent notre génération, le gouvernement refuse de garantir aux jeunes qu’ils pourront à leur tour bénéficier d’une retraite solidaire à de haut niveau !

Les jeunes seront au rendez-vous du débat public pour affirmer que la retraite est l’affaire de tous !

Nous affirmons notre volonté d’agir ensemble dans les prochains mois afin de défendre l’exigence d’un système de retraites par répartition fondé sur la solidarité, qui garantisse à nos aînés comme aux générations futures une retraite de haut niveau à 60 ans.

Les jeunes refusent d’être les grands oubliés du débat qui s’ouvrent et exigent du gouvernement qu’il renonce à l’allongement de la durée de cotisation. Nous demandons à être associés aux discussions en cours.

Nous appelons à la création de comités jeunes locaux pour organiser la campagne au sein de la jeunesse. Nous appelons les jeunes à se saisir du débat sur les retraites, à participer aux initiatives de mobilisation.

Le gouvernement ne peut aborder le débat sur les retraites sans l’avis des générations directement concernées par cet enjeu social majeur : les jeunes d’aujourd’hui !

Organisations signataires : UNEF, UNL, FIDL, Sud Etudiant, LMDE, CGT, FSU, UEC, Attac Campus, JOC, Génération Précaire, MJS, MJCF, Jeunes Verts, JRG, Réseau jeunes du PG, NPA, Gauche Unitaire Jeunes, Branche jeune d’AL


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