Le SUNDEP dénonce une revalorisation en trompe l’œil et des contreparties très préjudiciables

dimanche 4 avril 2010

D’abord communication auprès des médias sur des « avantages » présentés de façon générale (alors qu’ils sont très partiels) et liés artificiellement aux « gains » des suppressions de postes.

Puis négociation mardi 28 mars avec les syndicats sous la pression de l’opération médiatique et laissant envisager d’autres contreparties bien moins attrayantes.

La méthode sarkozyste est connue : elle nécessite d’abord l’analyse globale du « paquet » et nous permet ensuite de dénoncer l’arnaque.

 Quelle revalorisation ?

- en début de carrière, pour les professeurs des écoles et les certifiés 157 euros nets par mois, et pour les agrégés 259 euros à compter du 1er septembre 2010.
- MAIS pour seulement 20 000 enseignants. Ces augmentations seront ramenées à un bonus de 55 euros dès que les premiers échelons sont franchis.
- Pour les enseignants déjà en fonction, sur les 7 premières années d’enseignement, ils recevraient 660 euros nets annuellement. Cela concernerait 170.000 enseignants.
- rémunérer la fonction de tuteur qui pourra être assurée auprès de certains élèves dans le lycée réformé, ainsi que les fonctions de référent culture ou handicap. Le ministère ne donne aucune indication sur ces rémunérations.
- un « grade fonctionnel » serait créé (négociation en cours pour toute la fonction publique).

Commentaires du SUNDEP

1) Présenter ces « revalorisations » comme la contrepartie de la moitié des « économies » obtenues par les réductions de postes à l’éducation nationale est scandaleux : ce ne sont pas les enseignants qui demandent ces suppressions de postes lesquelles, au contraire, mettent en danger l’ensemble du système éducatif et, au final, dégradent très fortement les conditions d’exercice.

2) La France compte 857.300 enseignants : si 20 000 (chiffre du ministère : ceux-ci ne se vérifient pas toujours) reçoivent alors que tous les autres en restent au même point ne peut pas nous satisfaire !

3) Même pour ceux-ci, la revalorisation est-elle réelle ?
- Elle concerne de jeunes enseignants qui perdent dans le même temps une année de salaire de stagiaire (soit environ 12 000 € nets) du fait de la mastérisation, et doivent financer deux années de formation en plus.
La remarque du ministre, « ils sont mieux payés parce qu’ils font une année d’études supplémentaires », est donc particulièrement mal placée !

- Par ailleurs, la CGT souligne que le ministre supprime l’accélération de début de carrière obtenue par les enseignants en 1990, ce qui là aussi aboutit à une perte.
Le SNES en déduit que l’effet de la mesure ne se ressentirait réellement que que sur les 5 à 6 premières années de la carrière, au mieux à 30 euros par mois en moyenne sur l’ensemble de la carrière.

Il faut rappeler que les salaires des enseignants français sont particulièrement bas par rapport à leurs collègues européens : dans 13 pays européens les salaires sont supérieurs aux chiffres français pour le salaire minium du primaire, dans 15 pays pour le lycée.

 Les « contreparties » : mobilité et évaluation « au mérite »

Le ministère a avancé d’autres mesures sur la formation, la santé, la gestion des carrières et l’évaluation des enseignants (qui aurait des conséquences sur la rémunération !) :

1) Formation
- à partir de septembre 2010 le « droit individuel à la formation » (DIF, déjà en vigueur pour les salariés du secteur privé) serait étendu au enseignants : 20 heures de formation par an dans la limite de 120 heures, rémunérées à 50% du salaire horaire si le stage a lieu pendant les vacances scolaires. A l’initiative de l’enseignant qui cherche lui-même sa formation (à l’université ou dans d’autres organismes, frais d’inscription financés par le ministère).
- Un dispositif de « formation-reconversion », destiné en particulier aux enseignants de la voie technologique sera aussi mis en place, plan dont l’ampleur montre en creux les réductions énormes de moyens liés à la réforme des bacs technos.

2) Santé
- bilan de santé à tous les enseignants l’année de leur 50 ans. Ne s’occuper de la santé du personnel qu’une fois dans toute une vie professionnelle est évidemment dérisoire
- campagne de recrutement de « 80 médecins de prévention » à partir de juin 2009 ( sur toute la France ! ).
- le comité d’hygiène et de sécurité va être transformé en comité d’hygiène, de sécurité et de sécurité des conditions de travail (comme pour toute la fonction publique).

3) Gestion des carrières
- deux entretiens sur la mobilité professionnelle dans sa vie professionnelle, un après deux ans et un autre après 15 ans de carrière.
- seconde carrière : un portail internet recensera les postes à pourvoir hors éducation nationale.
Proposer deux entretiens dans une carrière qui dure plus de 30 ans c’est évidemment peu de choses. Et ce n’est pas non plus la mise en place d’une vitrine internet qui pourra faire décoller la seconde carrière des enseignants.

4) Evaluation
- Le système actuel (une notation pédagogique dans le premier degré, une double notation administrative et pédagogique dans le second degré) sera « remis à plat ». La directrice générale des ressources humaines au ministère veut revoir le système d’évaluation en intégrant à la fois la conduite de la classe, l’accompagnement personnalisé des élèves, le tutorat des professeurs débutants et l’implication dans le projet d’établissement.

- « l’appréciation professionnelle doit être le reflet de l’investissement des enseignants. Cette nouvelle appréciation comptera pour la progression de carrière ».

C’est le volet le plus explosif :
- remettre à plat la notation des enseignants peut entraîner le transfert de cette évaluation aux chefs d’établissement, ce qui mettraient les enseignants sous tutelle et poserait un vrai problème de compétence, particulièrement dans le privé où les chefs d’établissement ne sont pas recrutés sur des critères de compétence mais sur une conformation idéologique avec l’institution.

- l’investissement de l’enseignant critère pour la rémunération : on peut douter de la pertinence de ce critère, peu mesurable et attribuable « à la tête du client ». Surtout il change l’angle d’appréciation de la valeur d’un enseignant : le meilleur serait celui qui s’investit pour des activités périscolaires plutôt que celui qui fait avancer ses élèves !

S’ajoute pour les enseignants du privé l’interprétation qui sera faite de l’implication dans le « projet d’établissement ». Les responsables catholiques le définissent comme « Un projet qui lie dans une même démarche l’enseignement, l’éducation et la proposition d’un sens de l’homme éclairé par l’Évangile ». Cet intitulé ne respecte évidemment pas la « liberté de conscience » fixée par la loi.

Si cette définition devait d’une manière ou d’une autre être utilisée pour évaluer les enseignants du privé, le SUNDEP s’engagerait bien évidemment dans une démarche judiciaire pour abolir cette référence.


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