Oral de rattrapage du bac pro 2010 : une modification qui n’égalise pas les chances des candidats

dimanche 14 mars 2010

L’année dernière le gouvernement mettait en place au dernier moment, à la hussarde, une épreuve de contrôle du bac pro censée égaliser les chances des recalés du 1er groupe d’épreuves avec ceux des autres bacs, généraux ou technologiques.

Cette seule épreuve, simple oral sans réel contenu, aboutissait à donner le bac à des élèves dont les compétences n’étaient pas vérifiées.

Une intersyndicale SNUEP-FSU et SNEP-FSU, CGT, FO, SNCL, Sud-Education a contesté ces dispositions et appelé au retrait du texte. Le SUNDEP s’était joint au mouvement.

Cette mesure, qui servait surtout à soigner les statistiques du gouvernement et à faire avaliser la mise en place du bac pro en 3 ans, a effectivement abouti à une hausse de 10% du taux de réussite aux bacs pro, les responsables du ministère persistant eux à ne reconnaître qu’une progression d’un peu plus de 5% liée à ce nouveau dispositif, ce qui est déjà beaucoup !

Le texte définitif vient de sortir au journal officiel dans une version qui, à la marge, crédibilise un peu plus ce type d’épreuve.

Cela reste cependant inacceptable car bien inférieur à ce qui est pratiqué dans les deux autres bacs, parce que le ministère ne veut pas y mettre le prix.

Cette épreuve

  • ne donne pas des chances égales aux candidats des bacs pro vis à vis de ceux de l’enseignement général et technologique,
  • décrédibilise la formation en ne permettant pas la prise en compte sérieuse de l’ensemble.

 Comparatif des deux épreuves de rattrapage

Épreuve 2009Épreuve 2010
Pour quels candidats ceux qui ont obtenu, à l’issue des épreuves obligatoires et, le cas échéant, de l’épreuve facultative,
- une moyenne générale égale ou supérieure à 8 et inférieure à 10 sur 20
- une note au moins égale à 10 sur 20 à l’épreuve qui évalue la pratique professionnelle
idem
Modalités de l’épreuve Durée totale 20 minutes :
- le candidat doit apporter un document support (grille d’analyse) sur une activité réalisée lors d’un stage et présenter cette activité brièvement au jury
- puis suit un entretien
L’épreuve consiste en deux interrogations, d’une durée de 15 minutes chacune :
- pour chaque partie, le candidat est appelé à traiter un sujet tiré au sort et préalablement préparé pendant une durée de 15 minutes
- il peut s’agir, pour chaque sujet, d’une question ou d’un document simple à commenter
- pour la 2de partie le sujet tiré au sort porte soit sur le français, soit sur l’histoire-géographie
Contenus évalués - capacité du candidat à s’exprimer et à argumenter
- vérifier son niveau de maîtrise des connaissances et compétences scientifiques et techniques
- la 1re partie porte sur les connaissances et compétences scientifiques et techniques évaluées dans l’épreuve E1
- la 2de sur les connaissances et les capacités évaluées dans l’épreuve E5
Jury 2 personnes,
- un professeur de l’enseignement général en lycée professionnel
- un enseignant de la spécialité concernée ou un professionnel intéressé par le diplôme
- 1re partie par un enseignant de mathématiques et de sciences physiques ou de la spécialité concernée
- 2e par un enseignant de français et histoire-géographie
Prise en compte pour le bac - sont déclarés admis, après délibération du jury, les candidats qui ont obtenu une note au moins égale à 10 sur 20 à l’issue de cette épreuve
- cette note est la moyenne entre la note obtenue à cette épreuve et la note moyenne obtenue à l’issue de la dernière unité donnant droit à la délivrance du diplôme
L’épreuve est notée sur 20, chacune des parties comptant pour la moitié de la note.
Pour le reste, pas de changement

 Les raisons de notre opposition sur l’épreuve de 2009

  • oral de rattrapage qui compte pour 50% de l’examen, poids excessif car la note de cet oral est additionnée à la moyenne générale, le total divisé par deux fournissant la note finale du candidat,
  • épreuve basée sur la simple description d’une tâche professionnelle « réalisée en entreprise », sur une feuille A4, laquelle peut être très pauvre,
  • évaluation sur la seule capacité du candidat à témoigner qu’il ou elle a intégré les « compétences professionnelles » de la tâche décrite. Cela revient à la seule prise en compte de la capacité à communiquer,
  • des enseignants amenés à évaluer leurs propres élèves,
  • la moitié d’un examen repose sur une tâche professionnelle réalisée en entreprise sans que l’enseignement général et même les enseignements professionnels théoriques dans l’obtention du baccalauréat.

 La nouvelle épreuve améliore-t-elle les choses ? Que très partiellement !

En effet, les modalités d’accession au rattrapage et de prise en compte pour l’admission finale restent identiques.

La nouvelle épreuve prend mieux en compte les matières générales au niveau des examinateurs, mais manque d’un cadrage précis des modalités d’interrogation et de ce qu’ils auront à évaluer.

Nous revendiquons en conséquence la mise en place de modalités semblables à celles en vigueur pour l’enseignement général et technologique

  • où les candidats repassent deux matières qu’ils choisissent,
  • où les notes obtenues se substituent à celles des épreuves écrites des mêmes matières (si elles sont plus favorables),
  • l’admission définitive étant acquise si le candidat obtient au moins 10 de moyenne sur l’ensemble des épreuves

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