Financements supplémentaires pour des établissements privés du supérieur

dimanche 13 décembre 2009

Cinquante-huit établissements privés d’enseignement supérieur vont passer un contrat avec le ministère, dont les cinq instituts catholiques de Paris, Lille, Angers, Lyon et Toulouse.

D’après le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, ces établissements « recevront plus de financements publics contre l’engagement de respecter certains objectifs », comme celui de contenir dans des limites raisonnables les frais d’inscription, notamment pour augmenter le nombre des boursiers dans l’enseignement supérieur.

En 2010, le ministère prévoit de verser 66,5 millions d’euros à ces établissements privés du supérieur - qui représentent 60 000 étudiants, soit 3 % de l’ensemble des effectifs du supérieur - contre 13 milliards aux établissements publics.

 La situation antérieure

Ces établissements recevaient une somme moyenne de 1 000 euros par étudiant préparant un diplôme reconnu par l’État. Mais ils n’avaient aucune obligation en retour.

Un protocole d’accord a été conclu en 2002 avec l’Union des établissements d’enseignement supérieur catholiques (Udesca) et la Fédération d’écoles supérieures d’ingénieurs et de cadres (Fesic).

 La nouvelle contractualisation

Le 18 septembre 2009, les directions de chacun de ces établissements ont remis un rapport au ministère dans lequel elles évaluent leurs forces et faiblesses et où elles s’engagent sur des objectifs à atteindre à moyen terme. En retour, le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche leur assure un financement.

Au bout de quatre ans, l’Agence d’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur (AERES) en évaluera les résultats avant une nouvelle contractualisation".

Les premiers contrats seront signés dès le premier semestre 2010. Ils devraient se matérialiser par l’augmentation de 4,5 millions d’euros d’une subvention qui s’élevait à 62 millions en 2009.

Devraient être concernées à terme toutes les écoles de quatre fédérations :
- l’Union des établissements d’enseignement supérieur catholiques,
- les 20 écoles d’ingénieurs de la Fesic,
- les 6 établissements de l’Union des nouvelles facultés libres,
- les 20 écoles de l’Union des grandes écoles indépendantes (UGEI) qui, elle, regroupe des privées non catholiques.

« Le système actuel ne finançait pas la recherche, d’après Michel Quesnel, recteur de l’Université catholique de Lyon et président de l’Udesca. Avec une contractualisation pluriannuelle, nous pourrons engager les moyens qui lui sont nécessaires, sans négliger la pédagogie et l’accompagnement des étudiants. Des points qui restent les marqueurs de nos établissements. »

Les présidents d’établissement y voient aussi l’opportunité de contenir dans des limites raisonnables les frais d’inscription, actuellement variables, de 3 000 à 6 500 euros suivant les filières dans les cinq instituts catholiques.

Pierre Tapie, président du groupe Essec, de la Fesic et de la Conférence des grandes écoles, souhaite, lui, développer le taux d’encadrement de ses étudiants : « Selon les standards français, il est acceptable ; selon les critères internationaux, il ne l’est pas. Il est indispensable de l’étoffer pour être en accord avec la politique nationale de l’enseignement supérieur, dégager du temps pour les activités de recherche et accueillir les meilleurs étudiants étrangers. »

 Les réactions

Pour le secrétaire national du syndicat UNSA-Education, Luc Bentz, membre du Comité national d’action laïque (CNAL), cité par Le Monde, « le ministère allume une guerre universitaire » car selon lui, « c’est autant d’argent qui ne va pas dans les universités publiques ».

Pour le SUNDEP-Solidaires :
- une augmentation de plus de 10% dans le secteur de l’éducation, c’est peu courant dans la période, alors que partout les budgets sont rationnés !
- l’argument d’une mesure en faveur des boursiers est peu convaincant : il suffisait d’augmenter les bourses.
- cette mesure touche un nombre très restreint d’élèves, dans des établissements qui n’apparaissent pas stratégiques en terme de recherche par exemple.

On se trouve donc bien face à une mesure clientéliste.

Source : d’après Le Monde, l’AFP, Le Figaro


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