Suicides en séries : les conditions de travail en cause

jeudi 17 septembre 2009

Communiqué de Solidaires Industrie du 16 septembre 2009

Vingt troisième suicide en un an et demi à France Télécom, stress, restructuration, pression sur les départs, climat dégradé pour atteindre le chiffre voulu des suppressions d’emplois sont comme ailleurs à l’origine des drames pour le personnel.

Ce sont souvent les plus consciencieux, les plus appliqués qui paient le prix fort de ces conditions de travail inhumaines.

L’industrie a connu et continue de connaître les mêmes pressions pour « dégraisser » et envoyer les salarié-e-s au Pôle emploi avec un pécule plus ou moins substantiel.

Rappelons qu’en 2007 l’industrie automobile a été touchée, le technocentre de Renault avec une série de suicides sur le lieu de travail, ainsi que PSA à Mulhouse …

Le nouveau ministre du travail Xavier Darcos a reçu le directeur de France Télécom devant l’émoi des personnels. Rappelons que chez Renault, à Guyancourt le ministre précédent Xavier Bertrand avait été contraint de se déplacer en décembre 2007 et d’entendre les syndicats.

Nos camarades de Sud Renault avaient alors dénoncés, tout comme ceux de Sud Télécom aujourd’hui, l’intensification du travail, le dépassement des horaires, le manque de reconnaissance, la destruction individuelle pour certains.

Le ministre avait alors déclaré que « l’organisation du travail doit rester aux mains du chef d’entreprise », nous lui avons répondu qu’il fallait que ce soit le Code du travail qui constitue l’encadrement des salarié-e-s et non le bon vouloir des patrons !

Dans une rencontre organisée par les parlementaires sur la pénibilité au travail avec le Medef et l’ensemble des syndicats nationaux, notre délégation a dû répondre à un délégué de l’UIMM qui mettait en cause nos arguments en expliquant que le suicide était une question complexe avec des causes multiples.

Nous n’avons pas besoin d’entendre des banalités ! Tout le monde sait que les causes des suicides sont multicausales, tout de même, quand les salariée-s se suicident sur leur lieu de travail et/ou produisent des lettres mettant en cause l’organisation de ce travail, il est clair que cette dernière est un élément essentiel du drame.

Une chanson à succès rappelait au sujet des conditions de travail : On a pressé le citron, on peut jeter la peau.

La gestion par le stress n’a pas cessé, notre protestation et notre colère non plus. Il faut arrêter d’utiliser la psychologie pour amener les salarié-e-s à travailler davantage et à partir quand on leur enjoint de le faire.


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