L’OCDE redécouvre que l’enseignant est le principal moteur du système éducatif

samedi 20 juin 2009

L’OCDE, c’est cette officine qui produit des études économiques principalement tournées vers la « libre concurrence », et qui a introduit ces dernières années ces principes libéraux dans le système éducatif en prônant :
- la mise en concurrence des écoles,
- l’évaluation des élèves et des enseignants au service des parents et des « décideurs »,
- l’autonomie des établissements et la centralisation du pouvoir dans les mains des seuls chefs (d’établissement), réduisant les autres personnels à des agents d’exécution ...

Ce sont encore ces principes que les Darcos, Pécresse ... et leurs successeurs pressentis promeuvent pour « améliorer » le système éducatif.

L’OCDE a ainsi bâti les célèbres enquêtes PISA, mais aussi des évaluations en tout genre et beaucoup de prescriptions.

Aujourd’hui, par l’enquête TALIS, elle s’interroge sur l’environnement pédagogique et les conditions de travail des enseignants à l’école.

Pour autant, elle ne sort pas vraiment de ses présupposés habituels, en réduisant l’enseignant à un simple agent qu’on peut stimuler avec des bons points ou des sanctions.

L’OCDE dévoilait le 16 juin les résultats de l’enquête TALIS sur les conditions d’enseignement. Cette étude, menée avec le soutien de la Commission européenne, englobe 23 pays participants : Australie, Autriche, Belgique (Communauté flamande), Brésil, Bulgarie, Corée, Danemark, Espagne, Estonie, Hongrie, Irlande, Islande, Italie, Lituanie, Malaisie, Malte, Mexique, Norvège, Pologne, Portugal, République Slovaque, Slovénie et Turquie.

A noter que la France et l’Allemagne n’ont pas participé à cette étude.

Dans chaque pays, environ 200 écoles ont été choisies au hasard, et dans chacune d’entre elles, un questionnaire fut rempli par le principal d’établissement et un autre par 20 professeurs également choisis au hasard.

Les questions portaient sur des sujets tels que la préparation des enseignants, leurs méthodes pédagogiques ainsi que la reconnaissance et les récompenses qu’ils peuvent obtenir.

 Les résultats

L’enquête TALIS révèle que 13% des enseignants n’ont jamais été évalués. Dans certains pays c’est un pourcentage plus important : (55% en Italie, 46% en Espagne, 25 % en Irlande et au Portugal).

« La plupart des enseignants travaillent dans des écoles qui ne leur offrent ni récompense ni reconnaissance » note l’OCDE. Trois professeurs sur quatre pensent que s’ils améliorent la qualité de leur travail ou s’ils innovent, ils ne recevront aucune récompense :
- En Australie, en Belgique (Flandre), au Danemark, en Irlande et en Norvège, plus de 90 % des enseignants déclarent ne rien attendre de l’amélioration de la qualité de leur travail.
- Les enseignants sont moins pessimistes en Bulgarie, en Malaisie et en Pologne, mais la moitié d’entre eux ne voit aucune motivation à améliorer son travail.

Même les demandes de formation sont mal prises en compte :
- La majorité des enseignants en veulent davantage et particulièrement sur les TIC, les problèmes de disciplines et l’enseignement spécialisé.
- En moyenne, 38 % des professeurs interrogés travaillent dans des écoles qui connaissent une pénurie de personnel qualifié. En Pologne, ce problème touche seulement 12 % des établissements scolaires, mais en Turquie, 78 % d’entre eux sont concernés.

Enfin s’ajoute à ce blues du professeur l’indiscipline des élèves
- En moyenne, les enseignants passent 13 % de leur temps à rétablir la discipline, mais au Brésil et en Malaisie, ce pourcentage dépasse 17 %, diminuant d’autant le temps d’instruction.
- En Bulgarie, en Estonie, en Lituanie et en Pologne, à l’inverse, moins de 10 % du temps de cours est perdu de cette manière.

Au Mexique, en Italie, en République Slovaque, en Estonie et en Espagne, plus de 70 % des enseignants dans le premier cycle du secondaire déclarent travailler dans des établissements où les perturbations en classe gênent les cours « dans une certaine mesure » ou « beaucoup ».

A cela s’ajoutent l’absentéisme (46 %), les retards (39 %), les obscénités et les jurons (37 %), les intimidations ou les agressions verbales entre élèves (35 %). Globalement le climat scolaire laisse à désirer, particulièrement dans l’ouest de l’Europe.

 Que recommande l’OCDE ?

Il faut encourager, par des récompenses, les enseignants à varier les stratégies éducatives. L’OCDE remarque que les enseignants utilisant la pédagogie de projet déclarent moins de problèmes de discipline. Or cette pédagogie reste trop rare.

Pour amener les enseignants à cela il faut encourager la co-opération entre enseignants et améliorer le climat scolaire. Et pour cela, l’Ecole a besoin d’évaluation, de suivi et de pilotage.

D’après le Secrétaire général de l’OCDE, M. Angel Gurría, "il faut rejeter l’uniformité des systèmes pour se tourner vers la diversité et la personnalisation de l’enseignement et de l’apprentissage.
Il faut aussi abandonner la gestion des moyens et les approches bureaucratiques de l’enseignement pour adopter un système où les responsabilités sont déléguées et où la direction des établissements scolaires soutient les enseignants« . »De bons enseignants sont essentiels à la réussite des politiques de l’éducation. Au bout du compte, la qualité d’un système éducatif repose sur celle de ses enseignants et de leur travail."

L’étude


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