France, le pays où le milieu social influence le plus le niveau scolaire

mardi 9 décembre 2008

Avec un score de 51 sur 100, la France est l’un des pays où le milieu social joue le plus dans la détermination du niveau scolaire.

Les principales « réformes » de l’ère Sarkosy risquent de renforcer ces inégalités :

- suppression des maternelles pour les 2 - 3 ans : on va rendre payant un accueil jusque là gratuit, et on abandonne toute la logique d’une préparation à la scolarité qui est particulièrement importante pour les élèves issus de milieux défavorisés.

- suppression des RASED et d’un soutien scolaire en profondeur. D’ailleurs, la PEEP, association de parents d’élèves, désormais très à droite et soutien indéfectible du sarkosisme éducatif, ne s’y trompe pas en voyant dans la suppression des RASED la fin de la confusion entre difficultés scolaires et difficultés sociales.

En niant celles-ci, on efface 30 ans de progrès dans le traitement de l’échec scolaire.

- réforme du lycée où le système des options va rendre peu lisible les parcours, handicap pour ceux qui ont la moins bonne connaissance du système, donc pour ceux issus des milieux populaires.

L’allégement des horaires est aussi, pour ceux qui ne bénéficient pas d’un bon environnement de travail, un handicap.

Article du site Observatoire des inégalités

La France partage avec la République tchèque un triste palmarès, celui d’être parmi les pays où l’origine sociale influence le plus le niveau scolaire. Une influence qui s’exerce par des éléments très divers : le niveau de vie (conditions d’étude, recours aux cours privés, etc.), l’éducation (aide aux devoirs, lectures, etc.) et diverses pratiques (langage, loisirs, etc.). Le résultat tiré des enquêtes menées par l’OCDE sur le niveau scolaire à l’âge de 15 ans est valable en mathématiques, mais aussi en sciences ou à l’écrit. Des pays très différents ont les meilleurs résultats : les pays méditerranéens (Espagne, Italie, Portugal) le Canada et les pays nordiques.
La mauvaise position de la France peut s’expliquer par différents facteurs. Les programmes valorisent plus qu’ailleurs la culture de l’élite scolaire de la nation : la maîtrise d’un savoir mathématique théorique et de la langue française. A partir du collège, le système, très académique sur le plan de la forme, défavorise ceux qui peinent à entrer dans le moule officiel. Les évaluations à répétition dévalorisent et contribuent à l’échec des plus faibles. Le travail demandé hors temps scolaire est important, profitant à ceux qui disposent d’un soutien à domicile (des parents ou par le biais de cours privés).

L’impact du milieu social sur le niveau scolaire en mathématiques

{{}} Indicateur d’intensité sur 100
République tchèque 54
France 51
Belgique 49
Hongrie 48
Allemagne 47
Autriche 43
Etats-Unis 42
Royaume-Uni 41
Japon 40
Pays-Bas 39
Suède 38
Moyenne OCDE 38
Pologne 38
Corée 38
Grèce 37
Irlande 35
Norvège 35
Danemark 34
Finlande 32
Espagne 30
Canada 30
Portugal 29
Italie 29

Source : OCDE, enquête Pisa. Année des données : 2006

Sur le même thème : L’école peut-elle réduire les inégalités sociales ?


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