Santé 4 : décrypter la fatigue des enseignants pour la soigner

lundi 25 août 2008

Lessivé, épuisé, vanné… Les termes pour qualifier l’état de fatigue ne manquent pas. Sur les blogs, dans les salles des professeurs comme au sein des enquêtes de santé au travail, la fatigue des enseignants est une notion récurrente.

En 2005, une enquête menée par le SNES-FSU auprès de 2.200 enseignants du secondaire révélait que près de la moitié d’entre eux se disaient « fatigués » par leur rythme de travail et par le bruit.

Dans cette même étude, on apprenait également que 17% des personnels interrogés avouaient avoir « en permanence du mal à récupérer physiquement après une journée de travail ».

Liée de près au « stress provoqué par l’attitude des élèves mais aussi par la difficulté à faire réussir leurs élèves », cette fatigue semble inhérente au métier d’enseignant.

 Qu’est-ce que la fatigue ?

« Le problème n’est pas tant de traiter la fatigue que de la définir et de trouver son origine », entame ce professeur de médecine interne responsable de la consultation « fatigue » d’un grand hôpital parisien.

« Le terme est tellement galvaudé ! Certains l’emploient pour dire qu’ils sont tristes, soucieux, démotivés, qu’ils ont un souci digestif, respiratoire, auditif, vocal, articulaire, des pannes sexuelles… On en oublierait presque que la fatigue n’est pas une maladie en elle-même, mais la conséquence d’un trouble de santé ».

Ainsi, pour cet expert, point de recette anti-fatigue à acheter sur les présentoirs des officines « au rayon des vitamines, des compléments alimentaires ou des stimulants ». Ni d’empirisme et encore moins d’automédication. Mais quelques bons réflexes à adopter.

Au premier rang de ceux-là : « oser se regarder dans la glace et se poser les vraies questions », insiste le praticien hospitalier. "Si l’on a mal à un endroit précis, si l’on a perdu du poids, si l’on est sans énergie au réveil (…) alors il est essentiel d’en parler clairement à son généraliste.

Et d’évoquer, précisément, les symptômes ressentis. Neuf fois sur dix, le médecin traitant trouve la solution ou, tout au moins, l’origine médicale de cet état".

 Défaut d’estime et problèmes de sommeil

L’origine de la fatigue des enseignants, « c’est essentiellement du côté des problèmes psychologiques qu’il faut aller la chercher », assure le professeur. « Confrontés à l’ingratitude ou à l’irrespect des élèves les enseignants sont en proie à de lourdes souffrances existentielles et à un défaut d’estime qui peuvent prendre la forme d’une démotivation, d’un désinvestissement voire d’une dépression ».

Pour cela encore, le spécialiste n’a qu’un conseil : consulter. Et met en garde tous ceux qui seraient tentés de prendre le même traitement que celui du collègue « également passé par là ».

Autre source de fatigue récurrente chez les professionnels de l’éducation : les problèmes de sommeil. « Au-delà des insomnies, la qualité du sommeil peut être altérée pour différentes raisons. Des apnées ou des phases d’agitation intempestives peuvent bousculer, voire interrompre le cycle de sommeil d’un individu et le priver de repos… »

Là aussi, seul le suivi médical peut aider la personne à vaincre ses troubles. « Tout en sachant qu’un traitement pour dormir n’est pas la panacée », souligne le praticien.

Lorsque la fatigue n’est liée à aucune de ces deux causes, ni à une maladie infectieuse (mononucléose, hépatites…) clairement identifiée, « alors seulement une consultation dans un service hospitalier s’impose ».

Reste que « dans la grande majorité des cas, la fatigue, si compliquée soit elle, trouve une réponse dans la vie de tous les jours que chacun doit analyser lui-même avant d’aller se confier au généraliste », tempère le médecin.

Marie-Laure Maisonneuve, VousNousIls


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