Primaire : les valeurs des enseignants changent-elles ?

mardi 27 novembre 2007

Compte tenu du fort taux de renouvellement des enseignants, assiste-on à une rupture des valeurs ou la transmission s’effectue-t-elle ? C’est ce que permet d’évaluer un sondage réalisé par CSA pour le SNUIPP-FSU durant le Salon de l’Education, auprès de 2.000 jeunes enseignants.

Eh ! bien ils sont toujours à gauche les instits : 63% jugent le mot positif, inversement au capitalisme. Peu de changements au demeurant si ce n’est une hausse des enseignants qui « font plutôt confiance aux méthodes qui ont fait leurs preuves » : ils sont passés de 36% en 2001 à 47% en 2007.

Mais ces méthodes ne renvoient pas pour autant aux lire - écrire - compter chers aux ministères de droite : ce sont plutôt les Freinet, Orry, Montessori…

Près d’un sur deux (46%) voulait être prof d’école depuis sa jeunesse, un quart s’est décidé au cours de ses études supérieures, et un sur cinq a eu une autre expérience professionnelle avant de passer le concours (ils n’étaient que 11% en 2004). Les deux tiers invoquent une forte attirance pour le métier, voire une vocation, et un sur trois seulement l’intérêt pour le rythme de travail.

Si un sur trois possède un diplôme supérieur à la licence (chiffre inchangé), paradoxalement, le sentiment de dévalorisation du métier est davantage exprimé (82%, contre 59% en 2001), même si le pourcentage de ceux qui se disent « satisfait du métier » reste très haut (86%, stable).

Si on les interroge sur leurs débuts dans le métier, grande stabilité également : trois quarts de satisfaits, un quart de déçus. Il faut dire qu’ils sont toujours 45% à regretter de ne pas mieux connaître la classe en débutant, et un tiers à penser que leur accompagnement pédagogique aurait pu être meilleur. L’image plutôt négative de la formation reste partagée par 3 débutants sur 4, qui pensent que l’IUFM les a plus apporté une réflexion globale sur l’Ecole (82%) que des outils pour la classe (9%).

La réalité concrète des moyens d’enseignements disponible (crédits) leur pèse (42%), presque autant que l’hétérogénéité des classes (41%).

Chiffre en augmentation, plus d’un quart ont été surpris par le volume de la charge de travail. Conséquence, l’impact sur la vie privée (56%). Du coup, ceux qui se définissent comme « innovateurs » sont moins nombreux (47%), et le nombre de ceux qui préfèrent se fier aux méthodes « qui ont fait leurs preuves » atteint le même score (ils n’étaient que 36% en 2001).

Si 58% se disent préoccupés par l’échec persistant de certains élèves, ils ne croient pas tout à fait à la possibilité pour l’Ecole de les faire accéder à la réussite : 41% seulement déclarent que l’Ecole est le meilleur moyen de l’ascension sociale, et deux tiers pensent que la réussite de tous à l’Ecole n’est pas un objectif qui peut être atteint dans l’état de l’Ecole aujourd’hui.

84% pense toutefois que ce serait possible dans « une école transformée »…

Comment ? Pas en faisant de l’espace aux parents : ils ne sont que 15% à réclamer plus de place pour eux à l’Ecole. Le recentrage vers les fondamentaux (lre, écrire, compter…) gagne du terrain (46% pour, 54% pas d’accord). Pourtant, les « programmes trop chargés » ne sont une cause de difficulté que pour un jeune enseignant sur cinq, bien loin de « l’écart des références culturelles » (44%) ou la situation sociale des familles (61%). La limitation du redoublement est désormais jugée une bonne chose par 44% (en hausse de 12 points).

Mais la réduction des effectifs par classe est toujours en tête du hit-parade revendicatif (75%), les moyens de l’aide plus individualisée aux enfants en difficulté réclamés par un jeune enseignant sur deux. La polyvalence de l’enseignant est toujours vécue très positivement (85%). Le « plus de maître que de classes » cher au SNUipp convainc désormais un jeune enseignant sur deux, surtout pour pouvoir « alterner entre grand groupe et petits groupes » (73%), bien loin devant « l’innovation pédagogique » (10%).

Logiquement, trois sur quatre réclament du temps pour la concertation (24 heures d’enseignement plus trois heures de travail en équipe), ce qui est jugé « secondaire » pour 28%.

Leur vision de l’avenir professionnel reste très stable, par rapport aux consultations précédentes : quatre sur dix se voient faire le même chose dans quinze ans, 20% devenir formateur, 19% enseignant spécialisé, 15% « changer de métier ». L’attrait pour la direction d’école reste faible à 6%, la réorientation vers le second degré encore moins envisagée (3%).

Enfin, leur vision de l’action syndicale reste stable : si presque 80% sont d’accord pour penser que le syndicat doit être « un acteur des débats éducatifs et pédagogiques », il doit aussi « améliorer les conditions de travail » (68%), faire des propositions pour transformer l’école (48%, en légère baisse), défendre le personnel et fournir des services (43%). La revendication sur les salaires monte (35% contre 14% en 2001).

Enfin bonne nouvelle pour le commanditaire de l’enquête : le taux de sympathie des syndicats remonte : 50% déclarent qu’ils seraient prêts à en faire partie, presque la moitié ayant déjà fait le pas…

Source Le Café pédagogique


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