Retraites, le gouvernement prépare une offensive tous azimuts

mardi 25 septembre 2007

Ci-dessous analyse par l’US Solidaires de l’approche des retraites par le gouvernement :

Les déclarations fracassantes de F. Fillon sur les régimes spéciaux ont marqué la rentrée de septembre.

Le Gouvernement a visiblement décidé de s’attaquer à ceux-ci avant de s’en prendre en 2008 aux autres régimes, du privé comme du public, Fillon récidivant dès le mardi 25 septembre en annonçant l’allongement de la durée de cotisation à 41 ans pour ceux du privé.

La loi Fillon (déjà lui !) de 2003 prévoit en effet un « rendez-vous » obligatoire en 2008. L’objectif fixé par cette loi est une augmentation de la durée de cotisation d’un trimestre par an entre 2009 et 2012 pour atteindre 41 ans à cette date.

D’abord les régimes spéciaux...

L’objectif du Gouvernement est clair : il s’agit de s’en prendre aux régimes spéciaux au nom de l’équité pour mieux faire passer la pilule de l’augmentation de cotisation pour tous les salariés dont la conséquence sera, de fait, une baisse du montant des pensions.

Pourtant, les régimes spéciaux ne représentent que 6 % des pensions versées, et il faut une sacrée dose de cynisme pour parler d’équité alors que toutes les mesures prises depuis 1993, date de la « réforme »
Balladur, visent à faire baisser de manière drastique le montant des pensions et frappent durement tous les salariés et en particulier les précaires, les femmes, les chômeurs.

Une autre réforme est possible

L’équité suppose au contraire un alignement par le haut de tous les régimes et non pas de baisser toujours plus les revenus des retraités ou de travailler toujours plus longtemps.

Cet alignement par le haut est tout à fait possible.
Remarquons d’abord qu’une nouvelle augmentation de la durée de cotisation n’a aucune justification économique puisque le dernier rapport du Conseil d’orientation des retraites (COR) indique qu’il n’y a plus de problème de financement des retraites à l’horizon 2020.

Il faudrait trouver, d’après le COR, 0,7 point de PIB à cet horizon, autant dire rien puisque ce chiffre correspond à la marge d’erreur de l’évaluation.

Cette situation est-elle pour autant satisfaisante ?

Non car elle entérine les reculs importants enregistrés depuis 1993. C’est pourquoi l’Union syndicale Solidaires se prononce pour une véritable réforme des retraites dont l’objectif serait de maintenir la parité
globale de niveau de vie entre actifs et retraités, grand acquis du système de retraite par répartition.

Cela passe par :
- un âge de départ à la retraite à taux plein à 60 ans avec un départ plus précoce pour les travaux pénibles ;
- l’indexation des pensions, et des « salaires portés au compte » pour le calcul de la retraite, sur les salaires et non pas sur les prix afin d’assurer une évolution similaire des revenus entre actifs et retraités ;
- un taux de remplacement de 75 % du salaire ;
- retour aux 37,5 annuités de cotisation pour avoir une retraite à taux plein, le rapport du COR de 2001 ayant montré le faible impact financier de cette mesure, 0,3 point de PIB ;
- pas de pension inférieure au SMIC ;
- maintien de la référence aux 6 derniers mois pour le public et référence aux 6 meilleurs mois pour le privé.

Le financement de telles mesures est tout à fait possible. Le premier rapport du COR en 2001 indiquait qu’il faudrait une augmentation de 15 points du taux de cotisation lissée sur 40 ans pour maintenir le niveau des pensions par rapport aux salaires, soit 0,37 point par an.

Il est difficile de croire qu’une telle augmentation aurait un impact catastrophique sur l’économie. Ce chiffre doit d’ailleurs être revu à la baisse au vu des dernières évolutions démographiques plus favorables.

Pour l’Union syndicale Solidaires, c’est sur cette base que doit se faire la convergence entre le secteur public, le secteur privé et les régimes spéciaux.

Si un régime de retraite commun à tous les salariés peut être une perspective, elle ne peut avoir lieu que sur une convergence vers le haut et non pas par un alignement vers le bas. Défendre les régimes spéciaux est donc la première étape d’une bataille plus générale pour empêcher de nouvelles régressions pour tous les salariés et permettre ensuite une amélioration du sort de tous.

Les projets de Fillon déjà prêts

Le 1er ministre, M. Fillon, a exposé mardi ses ambitions pour la réforme des retraites programmée en 2008, fixant l’objectif de l’équilibre du régime général en 2012.

Il voudrait fixer à 41 ans la durée de cotisation des retraites dans le privé. Cet allongement s’étalerait sur trois ans, entre 2009 et 2012, soit un trimestre par an.

Il a aussi envisagé la « révision du dispositif des carrières longues », qui permet aux salariés ayant commencé de travailler à 14, 15 ou 16 ans de partir à la retraite avant l’âge de 60 ans, à condition d’avoir cotisé pendant 42 ans.


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