Formation des enseignants : nouvelle circulaire pour une formation en alternance

dimanche 4 mars 2007

Une circulaire sur la formation des enseignants a été signée le 22 février par le ministre.

S’appuyant sur le « référentiel de compétence des enseignants » (voir ci-dessous), elle inscrit la formation dans le cadre de l’alternance entre théorie et pratique, et décrit particulièrement l’organisation des stages.

Elle recense également les stages recommandés avant le recrutement : stage en établissement, en entreprise, à l’étranger...

 La formation initiale

Les stages inclus dans la formation initiale font partie d’une convention entre l’Université (dont font partie désormais les IUFM) et les autorités académiques, qui doivent « identifier les réseaux d’établissement qui permettent des expériences professionnelles diversifiées et facilitent l’entrée progressive dans le métier sur un territoire éducatif cohérent ».

A ce titre, la circulaire demande que les chefs d’établissement et les directeurs d’école s’impliquent dans leur accueil, et que tout stagiaire soit suivi par un professeur de terrain.

Point de vue : C’est donc un alourdissement de la charge pour les directeurs d’école, voire les collègues ...
Jusque là, ces personnels n’avaient aucune responsabilité dans la formation.

D’autre part, à aucun moment ne sont précisés les modalités de rémunération de ces « tuteurs », ni leur lien avec les formateurs. Peut-on imaginer que des professionnels, même chevronnés, participent à l’évaluation d’un stagiaire sans entrer eux-mêmes dans un cycle de formation qui les reconnaisse et les qualifie ?

Rappelant la nécessité que l’expérience de terrain soit, au retour des stages, « analysée par des outils conceptuels et les apports de la recherche », la circulaire précise le volume des stages en responsabilité pour les différents enseignants : 57 jours pour les PE, 288 heures pour les PLC et PLP, 360 h pour les professeurs d’EPS (incluant des entraînements sportifs), 576 h pour les documentalistes.

Pour les enseignants des écoles, la circulaire maintient le principe du stage « filé » pendant 30 journées et deux stages groupés de trois semaines chacun, dans trois cycles différents.

Un stage de « pratique accompagnée » peut être organisé en PE1 ou au début de l’année de PE2, de une à deux semaines moins le jour ou le PE stagiaire est en stage filé...

Dans le second degré, le stage de pratique accompagnée s’effectue obligatoirement dans une catégorie d’établissement différente de celle où on fera le stage en responsabilité (collège, SEGPA, formation d’apprentis, lycées professionnels sont cités).

Les stages en entreprise sont prévus pour les profs de LP, de disciplines professionnelles et technologiques, organisés par l’IUFM sur une durée de 3 semaines...

Enfin, les futurs professeurs de langue doivent effectuer 4 semaines à l’étranger.

 L’entrée dans le métier

Après l’année de « professionnalisation », l’entrée dans le métier doit être progressive : les nouveaux titulaires disposent d’un droit à la formation initiale différée de 4 semaines au cours de la première année, puis deux semaines l’année suivante, dont le programme est établi sous la responsabilité du Recteur, en collaboration avec l’IUFM. 

Au cours de ces deux premières années, ces formations doivent permettre d’aborder « certains aspects du métier » (scolarisation des élèves handicapés, élèves en grande difficulté, stages à l’étranger ou art et culture sont cités). Une semaine est prévue pour « connaître d’autres cycles ou degré d’enseignements » que celui où on est enseignant.

 Avant, pendant, après...

Tous les stages doivent être préparés (objectifs affichés, missions des formateurs clarifiées) et encadrés par des équipes pluricatégorielles (maîtres-formateurs, maîtres-formateurs temporaires, formateurs IUFM, conseillers pédagogiques, établissement d’accueil (voir arrêté du 19 décembre 2006 sur le cahier des charges), ce qui implique un approfondissement du travail collectif entre ces différentes catégories de formateurs et des « partenariats entre les établissements d’accueil et l’IUFM ».

Directeurs d’école, chefs d’établissement et « professeurs désignés pour accompagner le stagiaire » sont à nouveau cités comme chevilles ouvrières indispensables.

L’évaluation des stages contribue au « dossier de compétence » qui accompagne l’enseignant de l’IUFM à ses premières années d’exercice, visant à aider à construire le parcours de formation continue ultérieur...

Point de vue : là encore, rien de commun avec ce qu’on connaît sur le terrain. Relier fortement la formation avec le terrain peut être intéressant en soi, à condition que l’Education Nationale identifie et reconnaisse (à tous points de vue) qui sont ces « accompagnateurs de terrain ».

 La formation continue

Ce point est plus particulièrement destiné aux maîtres du public, puisque la formation continue des maîtres du privé est monopolisée par Formiris, association privée entièrement financée par l’Etat.

Cependant, nous devons rappeler qu’il est tout à fait possible de s’inscrire aux formations du public,
- soit en invité extérieur (non pris en charge financièrement mais on peut négocier avec Formiris, qui peut éventuellement prendre en charge les frais de transport, chichement (alors que, dans ce cas, elle ne reverse aucun frais pédagogique !) ;

- soit en s’y faisant inviter par un inspecteur : là, on peut, selon entente avec lui, bénéficier d’une prise en charge des frais d’hébergement-transport.

Il est à noter que le Ministère réfléchit à l’augmentation de ses financements pour la formation des maîtres du privé, mais dans ce cas il ne délèguerait plus la gestion des fonds au privé. Nous y sommes totalement favorables car la gestion actuelle :
- d’une part ne répond pas aux besoins des enseignants du privé : c’est l’offre de formation qui prime, limitée aux seules compétences des organismes qui officient dans le privé, lesquels sont généralement très liés aux responsables de l’enseignement catholique... Ce système fermé privilégie les mêmes contenus, souvent redondants, et ces dernières années, a très fortement mis en avant les contenus liés au caractère propre (fait religieux...).

- l’arbitrage financier se fait au profit des organismes de formation, qui se font payer très cher, au détriment du remboursement des enseignants (frais de déplacement - hébergement).

 Le référentiel des enseignants

Les points évoqués :
- agir de façon éthique et responsable
- maîtriser la langue française pour enseigner et communiquer
- maîtriser les disciplines et avoir une bonne culture générale
- concevoir et mettre en œuvre son enseignement
- organiser le travail de la classe
- prendre en compte la diversité des élèves
- évaluer les élèves
- maîtriser les TICE
- travailler en équipe, coopérer avec tous les partenaires de l’Ecole
- se former et innover.

D’après le Café Pédagogique

La circulaire


Commentaires

Logo de Eddy
dimanche 11 mars 2007 à 01h07 - par  Eddy

Je rebondis sur l’article concernant la formation des enseignants du privé par des organismes tels que Formiris.
Je lis dans l’article « l’arbitrage financier se fait au profit des organismes de formation, qui se font payer très cher, au détriment du remboursement des enseignants (frais de déplacement - hébergement) ». Pour rappel, si j’avais suivi tous les stages Formiris pour valider mon CAER interne, j’aurais du avancer cette année environ 800 euros pour les frais de transport et d’hébergement, remboursés (un jour...) à 57 %. Soit plus de 300 euros de ma poche pour valider mon CAER.
Moralité, le concours national d’enseignant est devenu payant pour les enseignants du privé !
Ne nous laissons pas faire, dénonçons haut et fort cette injustice et défendons-nous pour que cela ne puisse plus arriver ! D’ailleurs que pouvons nous faire pour nous défendre ?

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