Hommage à un philosophe engagé : Bernard Stiegler

dimanche 16 août 2020

Le Sundep Solidaires rend hommage à un grand philosophe, Bernard Stiegler , mort le 6 aout (1952-2020).

“Le capitalisme contemporain détruit le désir, la foi dans l’avenir et la confiance !

Le philosophe Bernard Stiegler est mort à l’âge de 68 ans, a annoncé jeudi 6 août le Collège international de philosophie. « Une voix singulière et forte, un penseur de la technique et du contemporain hors du commun, qui a cherché à inventer une nouvelle langue et de nouvelles subversions », salue l’institution dans un message publié sur Facebook.

Penseur engagé, qui prenait position contre les dérives libérales de la société, Bernard Stiegler a axé sa réflexion sur les enjeux des mutations – sociales, politiques, économiques, psychologiques – portées par le développement technologique. Il avait notamment analysé les risques que faisaient peser ces changements sur l’emploi traditionnel, prédisant sa disparition.

Bernard Stiegler a toujours combattu les dérèglements du monde. En 2005, il avait créé Ars industrialis, une association qui visait à démocratiser les savoirs sur les nouvelles technologies et à tracer les pistes d’une économie contributive (travail collaboratif, logiciels libres).

Son constat, en entame de cet entretien, était sans appel :

Le système consumériste du capitalisme contemporain va s’écrouler… Il détruit le désir, la motivation, la foi dans l’avenir et la confiance. Il est toxique au niveau environnemental, toxique au plan mental pour les jeunes générations. Il est toxique sur le plan économique qui ne marche qu’à la productivité et à la dissimulation d’insolvabilité. Regardez la crise des “subprimes” et cette façon de mettre la poussière sous le tapis…

Bernard Stiegler. Des mots de minuit, 17 octobre 2012.
Voir l’émission : https://desmotsdeminuit.francetvinfo.fr/miscellanees/la-memoire-dmdm/bernard-stiegler-1952-2020-le-capitalisme-contemporain-detruit-le-desir-la-foi-dans-lavenir-et-la-confiance/

De l’homme , on retiendra ici que jeune, il passa à l’acte et fit cinq ans de prison (1978-1983) pour braquage de banques.
Il y rencontra la philosophie et finira sa thèse au mitan des années 90 avec Jacques Derrida. Qu’il dirigea l’Ircam (Institut de recherche et de coordination acoustique-musique), l’Ina (Institut national de l’audiovisuel), fonda l’Iri (Institut de recherche et d’innovation).

Que plus récemment il signait, dernière illustration de ses engagements et de sa sensibilité :
Qu’appelle-t’on penser ? La leçon de Greta Thunberg (Ed. Les liens qui libèrent)

Dans le Monde, Lire aussi Bernard Stiegler : « Retourner le confinement en liberté de faire une expérience »
Lors de la mobilisation contre la réforme des retraites en janvier, il avait cosigné avec un collectif de personnalités une tribune dans laquelle il s’inquiétait que la Ve République évolue vers un régime de moins en moins démocratique. « Ce nouveau régime nous semble plus qu’inquiétant. Il a le goût lacrymogène du poivre et du sang. Il a les accents goguenards de discours prononcés par des gouvernants isolés comme jamais par le pouvoir. Il a l’éclat scandaleux d’inégalités sociales de plus en plus criantes », écrivaient alors les intellectuels signataires de cette tribune.
Il devait participer à la fin d’août, à Arles, à un nouveau festival sur la relation de l’homme à la nature, Agir pour le vivant. Sa fille, Barbara Stiegler, est une philosophe reconnue, enseignant la philosophie politique à l’université Bordeaux-Montaigne.


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