COVID-19 ET ENSEIGNEMENT : Questions/Réponses au 25 mars 20

mercredi 25 mars 2020

Je me questionne sur :

- Ma présence au lycée ?
Non, en tant que professeur.e si je ne me porte pas volontaire pour garder un enfant de soignant.e(*) (lorsque cette disposition est mise en place sur mon lieu de travail) ma présence physique sur site n’est pas requise je suis ainsi en conformité avec les règles de confinement en place. Donc si je ne suis ni malade (congé maladie sans journée de carence), si je ne bénéficie pas d’autorisation spéciale d’absence…et bien je télétravaille, nouveau verbe dont le mode de propagation est grandissant….

- Mon télétravail, comment s’organise-t-il ?
Selon l’article L. 1222-11 du code du travail, en cas de circonstances exceptionnelles, notamment de menace d’épidémie ou en cas de force majeure, le recours au télétravail peut être nécessaire pour permettre la continuité de l’activité de l’entreprise et garantir la protection des salariés. Le télétravail est considéré comme un aménagement du poste du travail pouvant être imposé unilatéralement par l’employeur au.x salarié.es Le risque épidémique peut justifier le recours au télétravail sans l’accord du salarié. La mise en œuvre du télétravail dans ce cadre ne nécessite aucun formalisme particulier.

Certes mais encore, voici un petit résumé des règles générales relatives au télétravail :
• L’employeur fournit, installe et entretient les équipements nécessaires au télétravailleur, à la télétravailleuse.
• Il prend en charge les coûts directement engendrés par ce travail (communications téléphoniques, connexion Internet, réparations …) et doit également fournir au télétravailleur et à la télétravailleuse un service approprié d’appui technique.
• Le télétravailleur et la télétravailleuse doit prendre soin des équipements qui lui sont confiés et aviser immédiatement l’entreprise en cas de panne ou de leur mauvais fonctionnement.
• L’accident survenu sur le lieu où est exercé le télétravail pendant l’exercice de l’activité professionnelle est présumé être un accident de travail.
• Les télétravailleurs et les télétravailleuses ont les mêmes droits que les salarié.es travaillant dans les locaux de l’entreprise et cela concerne aussi leurs relations avec les représentants du personnel et l’accès aux informations syndicales.

D’accord, comment le télétravail se conjugue-t-il dans la grammaire du monde de l’enseignement ? Il s’accorde, semble-t-il avec les nom et adjectif suivants : « continuité pédagogique ». Et voilà ce qu’en dit le Ministre, J.M. Blanquer :
« Dans la situation que nous traversons, il est important de redoubler de solidarité et de bienveillance….. je sais que je peux compter sur votre engagement pour assurer
la continuité pédagogique, garantie d’un retour serein à un fonctionnement plus ordinaire, dès l’issue de cette crise sanitaire. »

Une continuité pédagogique qui signifie aussi une interruption de certaines de nos pratiques pédagogiques élémentaires comme celle qui nous amène à côtoyer au quotidien nos élèves pour les faire progresser dans leurs apprentissages, une continuité pédagogique qui nous amène à les accompagner de manière virtuelle à poursuivre leurs enseignements avec les difficultés afférentes à ce type de mise en place éducative.

Dans nos réalités non virtuelles de confiné.es, cette « continuité pédagogique » signifie concrètement d’offrir aux élèves accueilli.es ordinairement un présentiel leur permettant de poursuivre leur scolarisation à distance. Cette « continuité pédagogique » ne peut en aucun cas générer une surcharge de travail. Le « tout numérique » peut toutefois entraîner cela : la communication avec les collègues, les élèves et leurs parents ne doit pas être intrusive (plages horaires, confidentialité des données….), les démarches formatives sont à privilégier ; les démarches sommatives sont beaucoup plus discutables tout spécifiquement dans les conditions, diverses, de confinement des un.es et des autres.

Cette situation de crise inédite met férocement en exergue les inégalités sociales et la fracture numérique qui divise notre pays en deux : celles et ceux qui disposent d’espace et de matériel adéquat pour travailler et les autres.

Cette situation de crise inédite démontre, mais le fallait-il vraiment ( ?), qu’être enseignant.e, c’est un vrai métier !

(*) : Les élèves sont accueilli.es par groupe de 10 maximum dans les conditions sanitaires suivantes : nettoyage régulier des locaux, présence de savon ou gel en quantité suffisante pour enfants et personnels, respect des gestes barrière. Les personnes considéré.es comme fragiles face au virus ne doivent pas participer à cette mise en place dont le planning est organisé par le ou la chef.fe d’établissement sur le mode du volontariat uniquement.


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