Le tour de passe passe du gouvernement : le service civique remplace les contrats aidés

mardi 13 mars 2018

Pendant l’été 2017, le gouvernement a décidé de supprimer les contrats aidés car ils étaient jugés trop coûteux pour l’Etat inefficaces dans la lutte contre le chômage et ils ne constituaient pas de tremplin en vue d’une insertion professionnelle selon les propos de Muriel Pénicaud, le 9 août à l’Assemblée Nationale. Avec cette disparition, tous ces emplois ont disparu alors qu’ils correspondent encore aujourd’hui à des besoins. Certes ces emplois étaient précaires et sous payés et leur disparition aurait été saluée si l’on avait créé des emplois statutaires en échange. Mais le gouvernement a prévu de substituer ces emplois précaires par le volontariat des services civiques.
Vademecum du service civique :
Dans le référentiel des missions de service civique, les volontaires participeront à la mise en place de projets liés à la citoyenneté, à la culture ou à l’art. Toutefois, il est précisé que « la mission de service du volontaire doit être distincte des activités quotidiennes de la structure qui l’accueille (…). Il ne doit pas non plus assumer des tâches administratives et logistiques telles que le secrétariat, le standard.. » mais « il peut contribuer à l’inclusion des élèves en situation de handicap ». Cette mission a été présentée un mois avant la suppression des contrats aidés ! Le ministère a promis que les volontaires ne doivent pas se substituer à des professionnels mais seulement à les seconder. Alors comment, par exemple, demander à des directeur(ices) d’école de ne pas utiliser les volontaires en remplacement des AVS pour accompagner des élèves en situation de handicap ?
Une précarisation renforcée de la jeunesse :
La massification des volontaires en service civique (9000 en 2017 et 4500 en 2016) va conduire à un mouvement de précarisation sans précédent. Les emplois aidés n’étaient en aucun cas la panacée mais ils correspondaient à des emplois bénéficiant d’une convention collective et des droits auquel tout salarié peut prétendre (chômage, congés, assurance maladie…). Âgés de 16 à 25 ans, les volontaires perçoivent une indemnité de 573 euros par mois pour un volume horaire allant de 24 à 48 heures. Ils doivent suivre « une formation civique et citoyenne » dont la durée est de deux jours sans parler d’une formation aux premiers secours.
Comment cacher le chômage des jeunes ?
Il faut préciser que ces volontaires basculent dans la catégorie D des demandeurs d’emploi, non comptabilisée dans les chiffres du chômage.
À de telles conditions, la part des non diplômés explose. Selon une récente étude de l’Injep, en 2016, 25% des volontaires avaient un diplôme inférieur au bac et 47% étaient des demandeurs d’emplois. Pour Florian Martinez de Sud Asso, « 25% des jeunes vivent sous le seuil de pauvreté. Le premier CDI s’obtient en moyenne à 29 ans après dix ans de galère pour s’insérer sur le marché du travail ».

Le service civique réussit là ou le contrat d’insertion professionnelle (CIP) ou le le Contrat Première Embauche (CPE) avaient échoué sous la pression des mobilisations de la jeunesse.
Une solution a été trouvée ! Faire travailler les jeunes pour très peu cher sans leur donner un emploi. Cela a pour effet de détruire les emplois et ce remède au chômage des jeunes va aggraver le mal, et, les jeunes vont encore payer l’addition. À la suite de la loi travail, le SUNDEP condamne la casse massive de l’emploi. Nous revendiquons la création d’emplois pérennes ouvrant à des droits sociaux.

Vincent Mazzaron


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