8 mars 2018 : Journée internationnale de lutte pour les droits des femmes

jeudi 8 mars 2018

8 Mars 2018 : Journée Internationale de lutte pour les droits des Femmes

Les luttes féministes ont permis de conquérir des droits et de progresser vers l’égalité entre les femmes et les hommes. Mais cette égalité est loin d’être effective.
C’est pourquoi la journée du 8 mars ne se « fête » pas et n’est pas la « journée de la femme » mais bien celle de lutte pour les droits des femmes ! Le 8 mars est une journée internationale de convergence de toutes nos luttes, celles des femmes d’ici et d’ailleurs.

https://www.solidaires.org/Dans-l-a...

Selon l’enquête Virage, 20% des femmes ont déjà subi du harcèlement sexuel sur leur lieu de travail. Ce chiffre monte à 32% d’après un récent sondage IFOP. Pourtant, aujourd’hui encore 82% des employeurs n’ont toujours pas mis en place de mesures de prévention contre le harcèlement. 75% des victimes n’en parlent jamais à leur supérieur hiérarchique et 95% des cas ne sont jamais portés devant la justice.

Malgré l’ampleur du phénomène, les statistiques précises sur la nature des violences au travail sont quasiment inexistantes, dénotant l’absence de volonté politique à mesurer le phénomène. Comment lutter contre ces violences au travail sans chiffres et indicateurs pertinents ?

Face à ce tabou et ce vide statistique, le collectif #8mars15h40 a organisé, en lien avec l’ONG Le Mouvement, une consultation en ligne entre le 21 février et le 6 mars. Si cette consultation ne prétend pas à la rigueur méthodologique d’une enquête statistique, ce recueil de témoignages démontre que lorsque l’on offre un cadre permettant aux femmes de dénoncer les violences dont elles sont victimes, elles sont très nombreuses à parler, et à dénoncer des faits graves.

En deux semaines, nous avons rassemblé 2635 témoignages.
En bref, sur leur lieu de travail :

2311 (88%) disent avoir été victimes ou témoin de sexisme,

1604 (61%) victimes ou témoins de harcèlement sexuel,

800 (30%) victimes ou témoins d’agression sexuelles

56 (2,1%), victimes ou témoins de viol
974 femmes (37%) disent être victimes de violences conjugales ou intrafamiliales et 51,5% d’entre elles estiment que ces violences ont eu un impact négatif sur leur emploi ou leur carrière professionnelle.

Dans le détail, sur leur lieu de travail :

1999 femmes, soit 76% des répondant·es, déclarent avoir été victimes de sexisme, 12% des répondant·es disent avoir été témoin ;
1387 personnes, (à 98% des femmes) déclarent avoir déjà été victimes de harcèlement sexuel, d’agression sexuelle ou de viol, soit 52% des répondant·es ;
1292 répondant·es disent avoir déjà été victimes de harcèlement sexuel (soit 49%), 312 témoins de harcèlement sexuel ;
621 victimes d’agression sexuelle (soit 24%), 173 témoins d’une ou plusieurs agressions sexuelles ;
39 de viols (soit 1,5%) sur leur lieu de travail, 17 témoins d’un ou plusieurs viols.

Les réponses confirment que les violences au travail se retrouvent dans tous les secteurs, dans les entreprises privées comme dans la fonction publique, dans les grands groupes comme les plus petites entreprises, les plus gros employeurs de femmes étant bien sûr les premiers cités. On peut citer par exemple :

le secteur de la téléphonie et de la communication (Orange, La Poste, SFR, Bouygues), où 1 cas de viol, 12 cas d’agression sexuelle et 37 cas de harcèlement sexuel ont été signalés ;
le secteur des transports (SNCF, RATP) où 2 cas de viol, 17 cas d’agression sexuelle et 32 cas de harcèlement sexuel ont été signalés ;
la grande distribution (Carrefour, Leclerc, Auchan, Monoprix), avec 3 signalements de viol, 9 d’agression sexuelle, 6 de harcèlement sexuel ;
le secteur automobile (Renault, PSA) avec 6 signalements de cas d’agression sexuelle et 10 de harcèlement sexuel ;
l’éducation (universités, écoles supérieures, Éducation Nationale) avec 2 signalements de viol, 20 d’agression sexuelle, 52 de harcèlement sexuel ;
les hôpitaux et cliniques avec 2 signalements de viol, 26 d’agression sexuelle et 44 de harcèlement sexuel ;
la restauration avec 7 témoignages d’agression sexuelle et 8 de harcèlement sexuel.

Le constat est alarmant, et rend compte du caractère systémique des violences masculines qui s’exercent contre les femmes. L’ampleur du phénomène appelle la mise en oeuvre urgente de mesures pour lutter contre ces violences, notamment au travail, où aux rapports de domination s’ajoute le lien de subordination.

Les répondant.e.s au questionnaire en ligne vont toutes recevoir les coordonnées des associations d’aide aux victimes (CFCV – 0800 05 95 95, AVFT – 01 45 84 24 24) et le numéro Violences Femmes Info (3919), ainsi que les contacts des syndicats pour pouvoir être accompagné·es, soutenu·es et défendu·es.

L’enquête est prolongée jusqu’à la fin du mois de mars. Elle permettra aux syndicats des entreprises concernées par des signalements d’interpeller les employeurs pour exiger la mise en place de mesures de prévention des violences et de protection des victimes.

Harare, Zimbabwe, mars 2018
En ce 8 mars, Journée International des Femmes, nous, femmes de la Via Campesina, provenant de plusieurs organisations et de différentes formes de lutte, paysannes, indiennes, noires, métisses, pêcheuses, bergères, femmes issues du milieu urbain et rural, nous voulons apporter une salutation toute spéciale aux femmes du Monde, aux femmes qui luttent, qui se battent pour gagner leur pain, mais aussi leur participation politique, l’égalité, l’équité, pour que nous soyons reconnues comme la moitié des habitants de ce monde, ayant les mêmes droits que les hommes.

Nous témoignons de notre reconnaissance aux femmes qui luttent chaque jour et chaque instant pour mettre fin à la violence contre les femmes et contre tout être humain ; qui rompent le silence, qui font face à l’oppression capitaliste et structurelle et qui n’acceptent pas les formes patriarcales incrustées au sein des sociétés, lesquelles violent, discriminent, exploitent, oppressent et tuent quotidiennement. Nous sommes appelées à renforcer la campagne en cours « METTONS FIN À LA VIOLENCE CONTRE LES FEMMES », pour laquelle l’ensemble de la Via Campesina a réaffirmé son engagement lors de sa VII Conférence Internationale à Bilbao, en 2017.

Nous reconnaissons toute la valeur de celles qui n’ont pas peur de se battre, à leur manière suivant leurs différentes cultures et dans différents lieux – pour la terre, pour la souveraineté alimentaire, pour l’éducation, la santé, pour leur condition dans les usines, pour leur quotidien, pour leur émancipation politique, économique et sociale. Solidaires de toutes les femmes du monde, nous reconnaissons notre propre valeur et notre capacité à porter des rêves émancipateurs. Nous bâtissons une société nouvelle, avec toute la classe ouvrière du monde.

Mais nous savons aussi que partout dans le monde, nous sommes en train de vivre une offensive impérialiste du capitalisme, intrinsèquement lié au patriarcat conservateur et fasciste, qui veut exploiter encore davantage nos terres, nos territoires et nos biens naturels, de même que le travail, la vie et le corps des femmes. Nos droits sont quotidiennement violés par les entreprises multinationales, qui provoquent des migrations, qui imposent des conflits familiaux et sociaux et qui fomentent les guerres. Nous souffrons des violences et beaucoup d’entre nous sont en situation de vulnérabilité soumises à la prostitution, à la traite des femmes et à l’exploitation sexuelle. Nous sommes aussi criminalisées pour la simple raison que nous luttons parce que nous ne voulons pas mourir, parce que nous voulons vivre. Il nous faut encore et toujours faire face au défi de la violence domestique, des agressions physiques, psychologiques, morales, sexuelles, qui mènent souvent au suicide, au féminicide, à la disparition.

Par conséquent, en tant que mouvement paysan mondial, de nature féministe et qui lutte pour un monde de justice et de dignité, nous réitérons notre engagement collectif à poursuivre la lutte pour l’égalité des genres, pour la promotion et la concrétisation de la participation politique dans toutes les instances de prise de décisions. Nous nous engageons aussi, à mener des actions concrètes, quotidiennes et collectives, bien au-delà des discours et des déclarations, pour mettre fin à la violence contre les femmes.

Oui, il nous faut rendre hommage à la lutte des premières femmes dans les usines pour de meilleurs salaires, de meilleurs conditions de travail et de vie. Oui, il nous faut rendre hommage à l’apport des femmes de par le monde. Oui, il nous faut rendre hommage à celles qui se sont battues pour le droit de vote des femmes, pour que l’égalité des droits soit reconnue.

Un hommage aux femmes qui ont donné leur vie, dans la lutte pour les droits des femmes dans différents domaines, qui ont subi la torture, les violations sexuelles et morales, qui ont été portées disparues, emprisonnées, décapitées, massacrées pour avoir défendu la vie, la dignité, la terre mère et les droits des femmes. C’est pourquoi nous sommes inspirées par leurs exemples et les héritages qu’elles nous ont laissé et qui nous accompagnent dans nos différents espaces de travail, et tous nos autres espaces du quotidien .

Nous savons que ce moment nous demande un engagement particulièrement fort pour défendre nos droits, Nous devons faire preuve d’un grand courage pour affronter ce monstre tentaculaire qui renforce le patriarcat et toutes les injustices commises contre les travailleurs et travailleuses du monde.

C’est pour cela que nous disons que, sans le féminisme, nous ne pourrons pas construire une société nouvelle.

Vive la lutte des femmes des campagnes et des villes !

Nous, paysannes de la Via Campesina, saluons affectueusement toutes les femmes qui luttent.

Et lire ici la déclaration de la Ve assemblée internationale des femmes de la Via Campesina
https://www.solidaires.org/8-Mars-2...


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