Retraites complémentaires ARRCO et AGIRC : danger !

mercredi 19 décembre 2012

Retraite additionnelle pour les enseignants du privé sous contrat, mais aussi retraites complémentaires ARRCO * et AGIRC * et début 2013 retraite du régime général... nous savions bien que la réforme Fillon des retraites, contre laquelle nous nous sommes battus, ne réglait pas le problème tout en frappant durement les salariés !

Les deux caisses de retraite complémentaire ARRCO et AGIRC ne peuvent statutairement pas être en déficit. Depuis plusieurs années elles puisent dans leurs réserves (dont une partie avait fondu avec la crise des subprimes).

Les projections,si aucune mesure n’était prise, donnent une fin des réserves en 2017 pour l’AGIRC et en 2020 pour l’ARRCO.

Rappelons que ces caisses sont cogérées par les partenaires sociaux qui
« périodiquement, ... négocient des accords qui fixent les grandes orientations pour les retraites complémentaires, arrêtent des mesures pour assurer l’équilibre financier des régimes AGIRC et ARRCO sur le long terme et améliorer leur gestion ».

La revalorisation des pensions intervient chaque année au 1er avril. Pour 2013, les négociations se sont ouvertes fin novembre, et ont aussitôt révélé un profond désaccord entre patronat et syndicats :
- pour le patronat, il faut (comme d’habitude !) réduire les dépenses, c’est à dire les pensions !

Quelques « propositions » patronales :

- première option : geler les pensions des retraites complémentaires du secteur privé pendant au moins trois années .
- deuxième option : sous indexer les pensions sur 5 années d’un point sur l’inflation.
Cette proposition est soutenue par l’ensemble des organisations patronales : Medef, CGPME et UPA.

La première hypothèse rapporterait selon les experts patronaux : 4,20 milliards d’euros et la seconde : 3,89 milliards d’euros.

Et le patronat avance d’autres « propositions » :
- économiser sur les pensions de réversion (pour 390 millions d’euros)
- taxer de 10% les salariés qui prendraient leur retraite avant 65-67 ans, bien qu’ayant toutes leurs annuités dès 60-62 ans (pour 1,1 milliards ).

Ces propositions sont bien sûr inacceptables et ne nous étonnent pas du patronat qui ne veut surtout pas d’une augmentation des cotisations .
- Pourtant elles circulent, soyons plus que jamais vigilants : le patronat rêve sans doute d’une démolition généralisée de la protection sociale sous prétexte de crise et de triple A !

Cela signifie une chose : dans tous les cas, il y aurait perte de pouvoir d’achat des retraités d’abord !

Rappelons en 2010 ce que proposait l’appel citoyen Attac Copernic relayé par Solidaires :

" La vraie raison des mesures qui s’annoncent n’est pas liée à la démographie. La crise financière a provoqué une récession et donc une flambée des déficits publics. Les Etats continuent benoîtement à financer leurs déficits en empruntant sur ces mêmes marchés financiers qui ont provoqué la crise. Réduire ces déficits pourrait se faire par une taxation du capital. Mais les spéculateurs refusent évidemment cette solution, demandent que les Etats donnent des gages et exigent une réduction des dépenses publiques. Une alternative à cette régression sociale existe pourtant.
- A moins de décréter la paupérisation des retraités, il est normal de couvrir les besoins sociaux liés à l’augmentation de leur part dans la population par un accroissement des prélèvements sur la richesse produite. Les déficits des caisses de retraite sont essentiellement dus au refus obstiné de le faire. Pourtant, le besoin supplémentaire de financement nécessaire aux retraites est réalisable puisqu’il a été chiffré en 2007 par le COR entre 1 et 2 points de PIB jusqu’en 2050, à comparer avec la chute de la part de la masse salariale de 8 points au cours des dernières décennies et avec l’explosion correspondante des dividendes, qui sont passés de 3,2 % du PIB en 1982 à 8,5 % en 2007.
- Il est donc juste d’augmenter la part des salaires et des pensions dans la richesse produite en s’attaquant aux profits.
- Le financement des retraites est possible à condition d’en finir avec l’actuel partage éhonté de la richesse au bénéfice des revenus financiers. C’est ce partage qui constitue le tabou à faire sauter, et non l’âge de départ. Il s’agit là d’un choix politique de justice et de solidarité."

Prochaine réunion des partenaires sociaux pour AGIRC et ARRCO le 15 janvier !

Et qu’entendons nous dans les medias depuis 2 jours ? le COR va rendre un rapport qui lance une alerte sur les retraites etc ....

* ARRCO : Association pour le régime de retraite complémentaire des salariés .
* AGIRC : Association générale des institutions de retraite complémentaire des cadres .


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