Réforme de la formation des enseignants : carton rouge de la Cour des Comptes

vendredi 10 février 2012

Dans son rapport remis le 8 février, la Cour des comptes fait le constat suivant : la réforme de la formation des enseignants est un désastre.

La Cour des Comptes confirme ce que tous les acteurs du système éducatif dénoncent depuis 3 ans, la réforme de la formation des enseignants (mastérisation, déplacement des dates de concours, modes d’affectation, pseudo-formation, etc), adoptée en conseil des ministres en juin 2008, a manqué toutes ses cibles !

Non seulement cette réforme a considérablement dégradé la formation, mais d’après la Cour des Comptes elle n’a même pas rempli son but premier : réaliser des économies budgétaires sur le dos de la qualité de l’enseignement.

Si l’on s’en tient seulement à l’aspect financier (ce qui était le but plus ou moins avoué du ministère) c’est également un échec : la suppression de 9 567 E.T.P aurait dû rapporter 707 millions d’euros en 2011. Or, une fois enlevé le coût de mesures d’accompagnement (revalorisation des débuts de carrière, les bourses au mérite versées aux étudiants, les indemnités de tutorat), il ne reste plus que 370 millions d’économies.
La Cour des Comptes critique donc cette réforme sur le propre terrain financier, argument principal du gouvernement.

En effet le but essentiel de cette réforme était de supprimer l’équivalent de 10 000 emplois à temps plein, dans les faits ces économies sont réduites à néant du fait des diverses indemnités versées et du coût que représentent deux années d’études supplémentaires.

Mais la Cour des Comptes évoque également les conséquences négatives des nouveaux modes de recrutement eux-mêmes : « Plus de 70% des enseignants recrutés au mois de juin précédent n’avaient aucune expérience de l’enseignement. Or les conditions de leur prise de fonctions à plein-temps n’ont pas fait l’objet d’une attention suffisante », de même sont évoqués les affectations dans 2 ou 3 établissements différents (ce qui pour un premier poste est une aberration), ainsi que les heures supplémentaires : « 35% se sont retrouvés avec des heures supplémentaires, plus globalement, les enseignants stagiaires ont une charge horaire supérieure d’un tiers par rapport au temps de travail d’un professeur titulaire ».

En conclusion, ce rapport de la Cour des Comptes ne fait qu’ajouter des arguments contre cette réforme de la formation des enseignants, qui a été faite dans l’improvisation et le cynisme et qui a pour conséquence de renforcer encore plus la « dette éducative » du pays !

Le rapport de la Cour des Comptes

Sources :
Le Monde du 9-02-2012

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