FONDAPOL : propositions inadmissibles pour l’éducation (entre autres)

mardi 13 décembre 2011

La Fondation pour l’innovation Politique porte très mal son nom ; en fait d’innovations en matière d’éducation ce sont les propositions les plus rétrogrades qui ont été émises par les « experts » autoproclamés de cette fondation (propositions « chocs » comme titre Le Figaro).

Au nom de la « différenciation sociale » Fondapol propose une école des individus loin des idéaux collectifs et du système d’éducation unifié.

Projet qui différencierait les élèves en fonction de leur origine socioculturelle et géographique :

« Constatant que la proportion d’élèves en retard à l’entrée en sixième dépend très fortement de la catégorie sociale des parents » le groupe « d’experts » propose de placer « l’école sous le signe de l’autonomie et de la responsabilité » en « instituant une autonomie des établissements d’enseignement secondaire » et en donnant plus de pouvoirs aux chefs d’établissement, dont le pouvoir de recrutement des enseignants : « la formation des responsables doit être repensée pour recruter les plus compétents et s’ouvrir à de nouveaux talents pas forcément issus de l’éducation nationale ».

Traduisons : autonomie version managériale, l’école une entreprise comme une autre avec toutes les dérives du management en totale contradiction avec la liberté pédagogique de l’enseignant.

Autre proposition : « recruter moins d’enseignants, mais mieux payés et effectuant un plus grand nombre d’heures » ignorant au passage que l’activité des enseignants comprend un temps de travail hors cours devant élèves pour les préparations, les corrections et la formation.

Une éducation différenciée : dans les propositions on trouve également « créer des écoles fondamentales destinées à accueillir des élèves en difficulté de la sixième à la troisième, qui se concentreraient sur des matières principales : mathématiques, français, éducation physique et sportive ».

Limiter l’enseignement à trois ou quatre matières voilà l’innovation ! Renoncer au savoir, à la culture pour tous en les réservant à quelques uns ? Après la médecine à deux vitesses, l’éducation à deux vitesses !

Fondapol n’hésite pas à prôner la fin de l’éducation prioritaire et la fin du collège unique, ni plus ni moins, et ce au nom du libéralisme économique car Fondapol résume très bien ces propositions par une phrase sans ambiguïté : « L’impact budgétaire sera neutre grâce à l’augmentation du nombre d’heures de présence devant les élèves des enseignants ».

Pour une analyse plus détaillée lire les réflexions et critiques du sociologue, professeur à l’université de Limoges, Choukri Ben Ayed :

http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2011/12/12122011Fondapol.aspx


Source : Le Café pédagogique

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